Trouver facilement des informations fiables sur une personne

Décrire la « lecture chaude » revient à parler de cette capacité à récolter des informations sur quelqu’un sans jamais avoir besoin d’un tête-à-tête, ni même d’un échange de messages. Pas de discussion, pas de rencontre, pas d’interaction directe : tout se joue à distance.

Depuis plusieurs années, Internet est devenu la boîte à outils rêvée pour ce jeu de piste moderne. Ici, pas de mode d’emploi secret : il s’agit d’exploiter ce qui est accessible à tous, mais que peu prennent la peine de chercher. Nous allons nous pencher sur la manière de dénicher des informations sur une personne via Internet, et surtout, comment pousser la recherche aussi loin que possible.

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Qui se dissimule derrière un pseudo, un avatar, une signature ?

Bien souvent, une personne adopte le même pseudo d’un site à l’autre. Si ce surnom sort de l’ordinaire, une requête rapide sur un moteur de recherche, type Google, suffit à recouper ses traces et à retrouver ses goûts, ses activités, parfois même son entourage.

Le réflexe est le même avec les avatars. Beaucoup ne changent jamais de photo de profil, multipliant ainsi les points de contact en ligne. Pour savoir sur quels autres sites une image apparaît, la recherche inversée de Google Images est redoutable. Il suffit de glisser la photo dans le champ prévu et Google dévoile la liste des pages qui utilisent ce visuel, où qu’elles se trouvent sur le web.

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Les signatures de forum, elles aussi, laissent des indices. Taper la combinaison pseudo et signature dans un moteur de recherche permet parfois d’exposer toute une partie de la vie numérique d’une personne.

Stylométrie : la signature invisible de l’écriture

On voit parfois débarquer une nouvelle demande d’ajout sur Facebook, avec des questions singulières, pointues, qui mettent en alerte. Mais qui se cache derrière ce profil tout neuf ? L’analyse du style, ou stylométrie, permet alors d’aller bien plus loin qu’il n’y paraît.

L’écriture en ligne agit comme un accent. On s’attarde vite sur certaines constantes : formulation, ponctuation, choix des mots. Pour ne pas rater les indices, voici ce qui attire l’attention :

  • Ponctuation : certains usent d’exclamations à tout bout de champ, d’autres apprécient les points de suspension ou les points-virgules à contretemps.
  • Syntaxe : fautes répétées, confusions régulières, ou encore absence d’espace, autant de détails révélateurs.
  • Smileys : on remarque vite ceux qui terminent toujours par « XD », « ^^ » ou des smileys avec un nez, du type « 🙂 ».
  • Vocabulaire et structures : à force de lire les mêmes tournures, on finit par faire le lien entre plusieurs comptes différents.

Pour les plus curieux, la stylométrie constitue une discipline capable de déceler bien des impostures sans avoir à recourir à des méthodes complexes.

Quand un numéro de téléphone devient une source

Après quelques croisements de données, il arrive de tomber sur un numéro de téléphone, souvent pioché dans les petites annonces. Pour une ligne fixe, les annuaires en ligne affichent volontiers un nom et une adresse complète. Côté mobile, écouter le répondeur (avec un service permettant d’enregistrer l’annonce) livre parfois un nom, un prénom ou des détails sur l’identité réelle, selon la vigilance de celui ou celle qui détient le numéro.

Les images parlent souvent plus qu’on ne croit

Lorsqu’on partage ou qu’on transfère une photo par message ou sur les réseaux sociaux, on ignore souvent qu’elle transporte bien plus que le simple visuel. Les métadonnées EXIF intégrées à la plupart des clichés révèlent parfois le lieu, la date précise, et même le modèle du téléphone utilisé. Certains modèles enregistrent même la position GPS exacte lors de la prise de vue. Une simple analyse technique d’un fichier image peut alors faire resurgir tout un environnement, parfois à l’insu du propriétaire.

Récemment, un pirate a été identifié suite à l’envoi d’une simple photo prise par sa compagne. Les données EXIF ont permis de le localiser en un clin d’œil. Un rappel sévère des traces que l’on sème sans y penser.

La technique de recherche inversée d’images, déjà mentionnée, reste quant à elle imbattable pour savoir si un cliché a déjà circulé ailleurs, ou pour débusquer son origine lorsqu’il a été recadré ou modifié. TineEye, de son côté, parvient souvent à remonter à la source, même lorsqu’il ne reste qu’un fragment d’image ou une version de qualité médiocre.

Réseaux sociaux : terrain miné d’informations

Pour en savoir plus sur quelqu’un, il n’est même plus besoin d’initiatives directes : un rapide tour sur les réseaux sociaux déballe souvent des pans entiers de vie sans que la personne concernée ne s’en doute. Facebook fait figure de champion des profils mal protégés ou laissés à l’abandon. La plupart du temps, il est nécessaire d’être connecté pour consulter la moindre page et de figurer parmi les contacts pour accéder aux infos privées, mais tout n’est pas cloisonné pour autant.

Constituer un compte fictif est une pratique courante pour recueillir des informations en toute discrétion. L’astuce, c’est de dissocier totalement son identité réelle de ce profil factice, sous peine de se faire repérer. Certaines vieilles plateformes, rarement citées, conservent aussi des traces numériques de ceux qui arpentaient déjà le web bien avant l’explosion des réseaux sociaux. LinkedIn, de son côté, joue la carte du curriculum visible par tous et ajoute à la manne d’informations publiques accessibles à qui sait chercher.

Remonter la mémoire du web

Sur la toile, rien ne s’efface vraiment. Même lorsque l’on pense avoir fait disparaître une page ou effacé un profil, le cache des moteurs de recherche propose presque toujours un aperçu, tel qu’il existait avant suppression ou modification. Pour ceux qui aiment remonter le temps, certains services permettent d’explorer les archives de sites entiers, parfois remontant sur plus de dix ans. Pratique pour retrouver une version disparue à la va-vite ou un document que l’on croyait définitivement enterré.

Prenons un cas très concret. Une internaute, persuadée de contrôler sa vie numérique, m’a défié d’en reconstituer le fil. En partant de trois détails anodins, j’ai réuni son nom complet, une localisation précise, ses profils publics et même un numéro de portable soigneusement publié sur un site d’annonces, sans qu’elle n’y prête attention. Une démonstration qui illustre la puissance du croisement des traces numériques.

Voilà de quoi laisser songeur. Sur Internet, chaque détail oublié trace sa route et se connecte parfois à bien plus que ce que l’on imagine. Même les indices les plus banals racontent une histoire, pour qui sait la décrypter. Jusqu’à quand ? Après tout, la mémoire du web ne demande qu’à s’étendre.

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