Droits des employés à temps partiel pour chercher un nouvel emploi

Travailler moins de 35 heures par semaine n’a rien d’anodin : derrière le temps partiel, il y a tout un univers de droits, d’accords et de subtilités que la loi encadre avec précision. Accord trouvé, contrat signé, mais qu’en est-il réellement pour celles et ceux qui jonglent entre horaires réduits et recherche d’un nouveau poste ?

Le droit à un contrat de travail

Un salarié à temps partiel ne doit pas être relégué au second plan en matière de protection. La législation, portée par l’article L. 3123-5 du Code du travail, prévoit une égalité de traitement avec ses collègues à temps plein, au moins sur le papier. Ce principe se traduit par l’obligation, pour l’employeur, de rédiger un contrat de travail écrit. Ce document ne peut se contenter du minimum ; il doit exprimer clairement l’ensemble des éléments encadrant la relation professionnelle. Voici les points qui doivent impérativement figurer dans le contrat :

  • Les missions confiées et la qualification du salarié ;
  • La durée exacte du travail prévue chaque semaine ;
  • La rémunération proposée ;
  • Les différentes primes éventuelles ;
  • Les avantages associés : indemnités pour le transport, tickets restaurant ;
  • Les clauses spécifiques liées au poste occupé ;
  • Les devoirs du salarié envers l’entreprise.

Les droits relatifs au temps de travail

Le temps partiel, ce n’est pas du sur-mesure à la carte. Depuis le 1er juillet 2014, la durée minimale est fixée à 24 heures hebdomadaires, la limite supérieure restant de 35 heures par semaine. Quelques exceptions subsistent : les missions en intérim d’une semaine au plus ou certains contrats à durée indéterminée échappent à cette règle. Un salarié à temps partiel peut compléter ses heures, mais pas sans cadre. Les heures complémentaires sont limitées à 10 % du temps hebdomadaire contractuel.

Il arrive cependant que la situation exige de dépasser ce seuil. Si un accord existe entre les parties, ces heures complémentaires peuvent atteindre jusqu’à un tiers de la durée de travail prévue. Si, de manière régulière, le salarié franchit le seuil des 35 heures hebdomadaires, il ne s’agit plus de temps partiel : la loi impose alors à l’employeur de requalifier le poste en temps plein, selon la jurisprudence de l’arrêt n°16-13926 du 27 septembre 2017 de la chambre sociale de la Cour de cassation.

Les droits des employés à temps partiel en termes de rémunération

La rémunération d’un travailleur à temps partiel se calcule au prorata du temps effectué. La référence reste le salaire du poste équivalent à temps complet. Ainsi, un employé à mi-temps touche la moitié de la rémunération d’un salarié à temps plein. Les heures complémentaires, elles, ne sont pas simplement additionnées : elles donnent droit à une majoration. Si ces heures restent inférieures à un dixième de la durée contractuelle, la majoration est de 10 %. Au-delà, chaque heure supplémentaire peut être rémunérée avec une hausse de 25 %, jusqu’à la limite d’un tiers d’heures complémentaires autorisées.

Le droit à la formation des employés à temps partiel

Se former reste un droit, quelle que soit la quotité de travail. Les salariés à temps partiel peuvent accéder à des actions de formation, dans la limite de 24 heures par an, financées par l’employeur. Chacun est libre de choisir un parcours adapté à la réalité de son poste ou à ses perspectives d’évolution. Le volume d’heures de formation est ajusté selon la durée de travail réellement effectuée. Depuis le 1er janvier 2015, le suivi et la gestion du Droit Individuel à la Formation se font via le Compte Professionnel de Formation.

Travailler à temps partiel n’implique donc pas de tirer un trait sur ses droits ou ses ambitions. Les règles existent, les garde-fous aussi, pour que ce choix ou cette nécessité n’ouvre pas la voie à des inégalités. Au bout du compte, chaque heure compte et chaque clause du contrat pèse dans la balance professionnelle.

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